La bataille de Gaugamèles

Thibault gond 18

Contexte historique

L’armée macédonienne débarque en Asie Mineure en mai 334 et défait les satrapes sur les rives du Granique. En novembre 333, l’armée perse, commandée par Darius en personne, est vaincue à la bataille d’Issos dans la Cilicie antique. Alexandre entame alors la conquête de la Phénicie et de l’Égypte. Puis au printemps 331, l’armée macédonienne marche vers l’Euphrate qui est traversé, sans réelle opposition, fin juillet.

Darius décide de former une armée afin de remporter la bataille décisive. Aussi Alexandre, au lieu de marcher sur Babylone selon son plan initial, remonte vers le nord et franchit le Tigre en septembre 331. Après plusieurs jours de marche, Alexandre apprend que l’armée perse, bien supérieure en nombre, l’attend dans la plaine de Gaugamèles à une centaine de kilomètres d’Arbèles.

Ses plus anciens officiers, en particulier Parménion, inquiets de la difficulté qu’il y aurait à repousser en plein jour une armée si nombreuse, conseillent Alexandre d’attaquer les ennemis pendant la nuit mais Alexandre leur répond qu’il ne souhaite pas « dérober la victoire »[6]. Certains n’approuvent pas ce choix et sont encore plus préoccupés lorsque Alexandre, contre sa coutume, dort d’un sommeil profond la veille du combat, comme s’il avait déjà vaincu[6]. Lors de la bataille, les soldats observent une éclipse.

Déroulement de la bataille

Ordre de bataille

Darius, ayant pris note de sa défaite à la bataille d’Issos, a choisi un terrain plus favorable : une grande plaine régulière, dont il a fait nettoyer les cailloux afin que la cavalerie et les chars à faux puissent manœuvrer plus facilement Il a fait également planter des piques de fer dans le sol afin de blesser les chevaux adverses

Avec près de 277 000 fantassins, 23 000 cavaliers, 200 chars et 15 éléphants de guerre Darius compte profiter d’une large supériorité numérique, six fois plus grande que les forces opposées, malgré l’hétérogénéité de son armée ; car contrairement à Issos où il n’avait aligné que des Perses (mis à part les mercenaires grecs), à Gaugamèles il oppose à Alexandre des soldats venus de tout l’Empire[9]. Alexandre aligne 40 000 soldats, dont 31 000 phalangites, et 7 000 cavaliers, certes moins nombreux que les Perses mais parfaitement entraînés et équipés.

Ne pouvant contourner l’immense formation perse avec sa technique habituelle du marteau et de l’enclume, Alexandre doit déployer son armée différemment de la stratégie habituelle. Il décide d’utiliser un placement en échelon, exceptionnel à l’époque, qui doit lui permettre d’occuper le maximum de terrain et de prendre à revers les flancs adverses : les troupes sont donc positionnées décalées les unes par rapport aux autres. Les phalanges sont organisées en carré de 256 hommes (16 hommes sur 16 lignes) avec les combattants les plus aguerris aux premières lignes.

Comme de coutume, Alexandre place au centre de son dispositif la phalange, protégée sur son flanc gauche par les hoplites et les peltastes, et sur son flanc droit par les hypaspistes. Alexandre répartit la cavalerie sur les flancs. Il mène le flanc droit à la tête de la cavalerie lourde des Compagnons et de frondeurs d’élite cachés par ceux-ci. Quant au flanc gauche, formé des cavaliers thessaliens et thraces, il est lui commandé par Parménion[11].

Alexandre participe donc directement aux combats sur son cheval Bucéphale comme pour toutes ses batailles, alors que Darius, lui, commande son armée depuis l’arrière.

Engagement

Étirement du front.

Darius est le premier à faire avancer ses troupes, il envoie sa cavalerie sur le flanc macédonien le plus replié, là où elle peut manœuvrer au mieux. Cette tactique a été prévue par Alexandre qui en profite pour partir sur sa droite tout en restant à distance. Le front s’étend alors en largeur et nécessite qu’une partie des troupes perses suive le déplacement de la cavalerie d’Alexandre.

Darius envoie ses chars à faux dans le but de vaincre rapidement le centre adverse. La phalange macédonienne repousse la charge en s’écartant à l’arrivée des chars, créant de petites « souricières » dans la formation du front,Les chevaux, par instinct, se précipitent vers ces ouvertures plutôt que d’entrer de plein fouet sur les phalangites qui pointent leurs sarisses. Les conducteurs de chars sont rapidement mis hors de combat. Le roi perse, voyant ses unités montées en difficulté, lance une grande partie de son infanterie légère dans la mêlée.

Mouvement décisif

Percée décisive.

Pendant ce temps, Alexandre à la tête des Compagnons a tellement étendu le front perse qu’il n’est plus solidaire. Darius remarque ce mouvement mais fait poursuivre le jeune roi. Alors que les deux colonnes de cavalerie allaient se rencontrer, Alexandre change soudain de direction, découvrant les frondeurs d’élite qui attaquent et bloquent aussitôt la cavalerie perse, et fonce sur le centre dégarni de l’armée perse où se trouve Darius. En effet, compte tenu des effectifs, Alexandre avait prévu de se lancer dans un combat entre lui et Darius afin qu’une fois le roi perse mort, son armée se rende.

Aide à Parménion

Aide à Parménion.

Néanmoins sur le flanc gauche macédonien, pendant que la percée est un succès, les combats tournent à l’avantage des Perses, sous l’action du satrape Mazaios qui parviennent à créer une brèche jusqu’à l’arrière-garde de Parménion. Au centre, Alexandre, sa cavalerie et une partie de l’infanterie légère, qui a réussi à repousser les charges de l’armée perse, foncent sur Darius. Le roi perse prend la fuite et quitte le champ de bataille suivi par sa garde.

Alexandre doit choisir entre la poursuite de Darius ou aider ses troupes. Faisant le choix de la raison, il abandonne la poursuite pour venir en aide à son flanc gauche malmené.

Les ordres de repli ont du mal à parvenir à toute l’armée perse et les combats se poursuivent donc durant plusieurs heures, s’achevant sur la victoire complète de l’armée macédonienne.

Conséquences

Darius parvient à s’enfuir vers Arbèles avec son bataillon d’Immortels et des cavaliers de Bactriane mais abandonne son trésor, estimé à 4 000 talents (entre 75 et 100 tonnes d’argent) et ses armes personnelles.Alexandre se lance à sa poursuite, frustré de ne pas avoir réussi à tuer le Grand Roi. Mais entendant l’appel de Parménion qui continue de se battre contre les cavaliers de Darius, il décide d’abandonner la poursuite pour se porter à son secours.

À la suite de cette victoire, Alexandre est couronné roi d’Asie lors d’une cérémonie fastueuse célébrée à Arbèles, puis il entre en vainqueur dans Babylone en octobre 331. Darius meurt quelque temps après dans les montagnes de Médie, assassiné par ses satrapes en juillet 330.

Le satrape Mazaios, bien qu’ayant eu de hautes fonctions sous Darius, se mettra au service d’Alexandre ce qui provoquera une certaine incompréhension pour les proches d’Alexandre. À la suite de l’échec stratégique des chars à faux, cette arme ne sera plus jamais déterminante sur un champ de bataille.

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La bataille de Pharsale

Cette bataille est déterminante dans la guerre civile romaine qui opposait Jules César à Pompée.

 

Au Ier siècle avant J-C, la république Romaine  est depuis longtemps en proie à des belligérances.

César, alors proconsul de la région de la Gaule Cisalpine et d’Illyrie, franchit le fleuve côtier de la plaine du Pô, le Rubicon en 49 avant J-C. Cette action ne plaît guère, afin de le repousser le Sénat mandate Pompée qui est nommé imperator des légions romaines pour l’occasion. Toutefois, faute de temps pour rassembler les légions, ce dernier va se retrouver pris de court et opère un repli à Brindes dans le sud de l’Italie, puis en Macédoine.  Entre temps, César marche sur Rome et y instaure une Dictature. Il repart ensuite en campagne vers l’Ouest où il assiège Massalia, fidèle à Pompée et affronte en Hispanie Afranius et Petrius les légats de Pompée sur le territoire, vaincus cer derniers capitulent.

Jules César part ensuite vers l’Est, où il  débarque sur les côtes grecques, en Epire en 48 avant JC, afin de poursuivre le combat en Macédoine au commandement des sept légions. Constatant la supériorité numérique de Pompée il demande à Marc Antoine de rejoindre les troupes via Brindes avec ses trois légions d’Italie. Ils se retrouvent à Lissos.

Pompée, de son côté et rejoint par Afranius et Petreius, César les ayant laissés libre afin de démontrer sa clémence. Ils sont rejoint ensuite par Caton, le Sénat et Scipion venu de Thessalie. Il réussit à lever une armée de 80 000 soldats qu’il entraîne lui même au combat. César assiège Pompée aux alentour de Dyrracheion, après un long siège, Pompée affronte et défait César, ce dernier se repli alors dans les villes d’Oricum et Appolonie afin de se ravitailler.

Lorsque Scipion arrive de Thessalie, Pompée prend la décision de poursuivre César là où il s’est replié. Les deux légions lui confère confiance et il estime qu’il peut livrer une bataille finale et décisive.

 

 Pompée et son dispositif

Pompée établit son camp près de Pharsale, sur les rives de la rivière Enipée, à  seulement cinq kilomètres au nord-ouest du camp de César. De là, il observe le champ de bataille et remarque que la rivière est un atout non négligeable sur son flanc droit. Par conséquent, il prévoit de concentrer sur son flanc gauche toute sa cavalerie composée essentiellement de 7 000 chevaliers italiques issuent des centuries équestres de Rome, ses unités lance-projectiles, ses frondeurs thraces et ses archers crétois. Toutes ces factions sont sous le commandement d’un ancien lieutenant de César rangé sous la bannière du Sénat : Titus Labiénus.

Pompée dispose alors de 45 000 hommes, soit 110 cohortes (unité tactique constituée en général d’un seul type de soldat)  réparties sur 11 légions. Viennent également s’ajouter 2 000 officiers, vétérans de ses légions rengagés à ses côtés. De plus, l’« imperator » commande de nombreux soldats venus de différentes provinces Cilicie, D’Asie mais également de Syrie. Dans cette dernière région  il possède encore le soutien des riches chevaliers qu’il y avait établis à l’issue de sa conquête de l’Orient. Cependant ces combattants ne sont pas aussi aguerris que les légionnaires de César ayant combattu pendant huit ans en Gaule.

Sur le flanc droit, il place Afranius qui commande une légion et plusieurs cohortes hispaniques. Le centre est confié à Scipion, le beau-père de Pompée, avec ses deux légions qu’il avait levées en Syrie. Pompée lui-même prend la responsabilité du flanc gauche avec la Ier et la XVe légions, qui étaient à César lors de la Guerre des Gaules, mais avaient choisi la légalité du Sénat. Entre les ailes et le centre sont placées le reste des légions, mais la plupart, commandées par Lucius Domitius Ahenobarbus , sont inexpérimentées. Quant aux forces recrutées en Orient, elles sont composées d’unités recrutées sur le tas et sont laissées en arrière-garde

Pompée, sachant que la cavalerie de César est plus faible que la sienne, pense le prendre à revers par son aile droite (par conséquent, sa manœuvre est effectuée depuis son flanc gauche) avec ses excellents chevaliers italiques. En procédant ainsi, il pense pouvoir atteindre les unités lance-projectiles de César, attaquer par l’arrière ses légions et les mettre en déroute.

L’ordre de bataille de César

César, quant à lui, est sur le point de lever son camp pour se ravitailler lorsqu’il apprend que Pompée se met en ordre de bataille. La rivière Enipée borde son flanc gauche.

Sur son aile gauche, il place Marc Antoine avec ses VIII et IX  légions. Au centre, c’est Domitus Calvinus  qui commande. Le flanc droit est confié à Publius Cornelius Sulla, accompagné par César. Ce dernier commande la Xe légion,  La cavalerie de César, au nombre de 1 000, est placée sur le flanc droit du dispositif et est composée de solides cavaliers gaulois et germains. Il a en tout 22 000 hommes, soit 80 cohortes. 7 cohortes sont laissées en arrière à la garde du camp. En fait, César dispose de 11 légions mais à effectifs incomplets. Les 22 000 hommes répartis en cohortes suivant le système de commandement romain, équivalent à 8 légions complètes.

L’affrontement

Dans la matinée du 9 août, les deux armées romaines se font face et sont prêtes à combattre. César écarte ses lignes dans le but de faire face à Pompée, qui a une armée plus importante, et ainsi éviter de se faire encercler. Les légionnaires de César s’arrêtent devant ceux de Pompée, qui ne bougent pas de leur position, et lancent leurs pilums avant de s’engager sur tout le centre. Pompée quant à lui donne le signal de charge. Sa cavalerie engage celle de César, qui se replie, mais la cavalerie pompéienne est alors surprise par la quatrième ligne d’infanterie dissimulée derrière, qui attaque avec ses pilums les cavaliers italiques. C’est ici que se situe un épisode célèbre : avant le choc avec la cavalerie pompéienne, César ordonne à ses soldats d’utiliser leurs lances pour frapper leurs adversaires au visage, car ces beaux jeunes aristocrates inexpérimentés craignaient, selon lui, d’être défigurés[6],[7],[8]. Quoi qu’il en ait été, les cavaliers pompéiens sont déstabilisés et fuient le champ de bataille.

Tandis qu’au centre, les légionnaires tiennent la ligne dans les deux camps, sur le flanc droit de César, sa quatrième ligne, après avoir mis en déroute la cavalerie de Pompée, massacre les frondeurs et les archers placés sur ce flanc gauche de Pompée, puis prend à revers la légion de Pompée en attaquant son flanc gauche désormais à découvert. Armés de leurs pilums, les légionnaires de la quatrième ligne les lancent sur les légionnaires de Pompée avant d’engager le combat. La Ire légion ne peut contenir l’assaut sur son flanc car elle est aussi attaquée par la Xe légion de César qui lui fait face. Elle rompt le combat ainsi que la XVe légion qui se trouve sur son flanc droit.

Phase 2: la cavalerie de César se replie. Sa 4e ligne attaque celle de Pompée

En voyant que la ligne de Pompée commence à fléchir, César ordonne à sa troisième ligne d’engager le combat. C’est ainsi que progressivement, toute l’armée de Pompée se débande, laissant place à un massacre par les légionnaires de César. De leur côté, les soldats pompéiens recrutés en Orient et placés en arrière ne se sont pas battus et se contentent de regarder les Romains s’affronter entre eux. Devant l’avancée de César, ils refusent d’engager le combat contre ses vétérans aguerris et s’enfuient aussitôt[9].

Pompée, quant à lui, n’espérant plus aucune victoire, regagne son camp à cheval et ordonne à ses cohortes de garde de défendre le camp coûte que coûte. L’armée de Pompée est complètement anéantie et la majorité des légionnaires pompéiens ont rompu le combat[10].

De son côté, César ordonne à ses hommes d’épargner les légionnaires pompéiens blessés ou en fuite et de se concentrer sur la prise du camp de Pompée qui s’enfuit de son praetorium vers Larissa. Aux environs de midi, les armées de César investissent le camp en massacrant les gardes qui le défendent ; les gardes prisonniers, les goujats et autres valets sont pris comme esclaves (la plupart l’étaient déjà).

Bilan des pertes de la bataille

Selon Plutarque, citant Asinius Pollion, historien présent lors de la bataille, les Pompéiens auraient eu 6 000 tués alors que les Césariens seulement 1 200[11]. César quant à lui, évoque dans ses commentaires sur la guerre civile la mort de plus de 6 000 légionnaires romains et de 9 000 auxiliaires pompéiens, soit un total de 15 000 hommes tués dans la bataille. Il énonce la prise de 180 enseignes et de neuf aigles de légion.

Phase 3 : la 4e ligne prend à revers le flanc gauche de Pompée, dont l’armée en déroute se replie vers son camp

Plus de 24 000 soldats romains sont fait prisonniers par César, 20 sénateurs romains ainsi qu’une quarantaine de chevaliers sont tués, dont l’ancien consul de Rome Domitius Ahenobarbus[12].

Du côté césarien, le dictateur affirme ne déplorer la mort que de 200 légionnaires et de 30 centurions[13].

Conséquences

Cette victoire écrasante ne met pourtant pas un terme à la guerre civile[14]. César contrôle l’Orient, mais pas tout l’Occident. Certains pompéiens, comme Metellus Scipion et Caton, ne suivent pas Pompée dans sa fuite et partent en Afrique lever une nouvelle armée. Ils seront vaincus à la bataille de Thapsus en 46 av. J.-C.. César doit encore mener une éprouvante campagne en Espagne qui se termine par sa victoire à la bataille de Munda en 45 av. J.-C.. Cicéron, qui s’était rangé du côté de Pompée mais qui n’avait pas pris part à la bataille, se rend à César, ainsi que Brutus, qui en 44 av. J.-C. sera l’assassin de César.

Après sa défaite, Pompée s’enfuit par mer vers l’île de Lesbos, à Mytilène où l’attendent sa femme Cornelia et son fils Sextus Pompeius. Il espère rassembler une autre armée pour continuer la guerre et recrute 2 000 soldats. Cependant, lorsqu’il quitte Lesbos pour Rhodes, toutes les portes lui sont fermées dans tout l’Orient. Il décide donc de partir en Égypte car il est sûr que le Pharaon Ptolémée XIII lui sera favorable car c’était Pompée qui, au cours de la campagne de son légat Gabinius en Égypte, l’avait remis sur le trône. Cependant, lorsqu’il débarque sur la terre d’Égypte, il est assassiné et décapité par le tribun Septimus, un de ses anciens centurions de la guerre contre les pirates en 67 av. J.-C., travaillant désormais pour les Égyptiens, et par Achillas, l’un des régents de Ptolémée, sur ordre de ce dernier.

De son côté, César poursuit Pompée jusqu’en Égypte. Achillas lui montre sa tête, pensant s’attirer les faveurs de César, mais ce dernier le fait exécuter avec tous les instigateurs de l’assassinat de Pompée, et met sur le trône d’Égypte la sœur du Roi, Cléopâtre. Quittant le Nil, César continue sa lutte en Afrique contre les armées de Caton et Scipion, ainsi qu’en Espagne où les deux fils de Pompée seront finalement vaincus à la bataille de Munda en 45 av. J.-C.

 

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